De temps en temps, ça me prend et me surprend ; voici quelques poêmes légers et mélancoliques



Amour physique


On a dit que c‘était du désir, notre histoire ;
Et non pas de l‘amour, mais moi, je vois pourtant
Toujours briller l‘étoile dans la brume du soir,
Elle s‘éteindra au temps ou finira le temps.


On a dit que c‘était une petite aventure,
Une bêtise, un rien, sans rime ni raison.
Le vent du souvenir dans la plaine murmure
Et reviennent encore toutes nos floraisons.


Vois : la grande spirale et son trou noir, béant
Capturant la lumière, telle un petit poisson.
Il restera de nous, aux tréfonds du néant
Comme un effet Dopler, un écho, des photons.




Cuite


J‘avais du soleil dans les mains,
J‘aurais mérité des taloches,
J‘avais essuyé mes galoches,
Sur les soieries des lendemains.

J‘avais de l‘or, j‘avais des roches
Précieuses, j‘avais du grain.
Je me sentais tête de pioche
Je me sentais bête d‘airain.

Béni des dieux,couvert de roses,
Pétri d‘amour jusques à l‘os,
Coeur à l‘envers, ivre de vin,

Saoûl de bonheur, vide de glose...
-Mais je n‘ai pu de toi, ma gosse,
Que m‘endormir contre ton sein.




Du temps que mes amours...


Du temps que mes amours se rêvaient un futur,
Je la voyais dormir de son sommeil d‘enfant.
Le sourire qui luisait depuis ses commissures
Paraîssait à mon coeur comme un enchantement

Je prenais dans mes bras avec le petit jour
Ses épaules jolies, détournais doucement
Le flot de ses cheveux, murmurais : ” mon amour..”
Déposais sur sa nuque un baiser affleurant.

Elle frissonnait à peine, se lovait tendrement,
Fronçait un peu les traits de sa belle figure,
Chuchotait un rien de reproche, gentiment.
Lentement le sommeil reprenait son allure.

La lumière de l ‘aube blêmissait calmement.
En deçà mes paupières ne restait qu‘une épure.
Nos rêves rôsissaient encore quelqu‘ instant,
Au temps où mes amours n‘étaient pas des blessures.


La sirène


J‘ai pris des plumes et des crayons
Et composé une chanson
A la mère de mon enfant.
Je dis combien je suis confus
Désespéré, vidé, rompu
D‘avoir été bien inconscient.

Je l‘ai rendu trop malheureuse
Je n‘ai pas vu vers quelle affreuse
Issue notre amour s‘en allait.
Quitte à passer mauvais apôtre,
J‘ose dire : ” ce n‘est pas ma faute ”,
Bien que cela fût de mon fait.

Je conte toute ma souffrance.
Je dis combien ma peine, immense,
L‘est moins que mon amour, pourtant.
Je dis qu‘il faut qu‘elle revienne
Dans mon coeur glacé par la gêne
Rallumer des soleils ardents.

Tel un marin ivre, je traîne
Depuis que je sais ma sirène
A la proue d‘un autre bateau.
Si revenir, elle ne daigne,
Jamais il n‘y aura de haine.
Rien que mes yeux qui prennent l‘eau.



Lamento


Je me lamente de mon amante , ce matin,
De ma Miss au goût de réglisse,
De son sourire et de la courbe de ses seins
Qui me plongeaient dans les délices

Je me languis de la langue de mon amie
Que je baisais à pleine bouche,
Des points gracieux de son anatomie,
De sa tendresse, de ses mains douces.

Je suis ému d‘amour encore
Et de son corps,
Tout resserré contre le mien,
Je me souviens



Haïku


j‘ai cueilli pour toi une rose
et composé
ce haïku
pour dire que de tous les proses
j‘ai préféré
ton cul.


La citadelle
je me languis.Et j'attends Des nouvelles De celle Qui ,telle Isabelle De Castille S'enferme au fil Des jours Dans sa tour D'ivoire se cachant Ainsi du soleil qui verdoit. Faudra t'il que j'abatte D'Espagne les chateaux Et que je combatte Des moulins à vent. -Cavalier prend tour Puis reine, coté cour - Ou me laissera t'elle Entrer un matin En me jetant De tout là-haut La clef de la porte De la citadelle Coté jardin, Dans lequel je me laverai De la route qui poudroie ?